Quel mode d’emploi pour l’oasis nature revient à demander : quelle utilité pour ce programme ? Dans l’esprit des concepteurs, il y en a plusieurs, selon le « public » auquel il s’adresse.

1°) Les habitants de la Résidence L’Horizon.

Aménager des espaces verts somme toute ordinaires en une oasis, cela signifie d’abord créer un ilot au milieu de la ville, un lieu propice au plaisir des yeux, un endroit agréable pour s’y promener. Une variété de plantes fleuries qui marqueront l’évolution des saisons ; des équipements nécessaires mais assez laids, -comme les descentes d’escaliers, par exemple -, qui seront recouverts de plantes grimpantes ou retombantes ; des arbustes à feuillage persistants ou colorés qui viendront remplacer les arbustes morts dans les haies ; les massifs reconstruits, sous la forme de petits talus harmonieux généreusement fournis ; une belle allée de rosiers pour mettre en valeur la grande entrée de la Résidence… Ce serait trop long d’énumérer tous les efforts qui sont entrepris pour améliorer l’esthétique des espaces verts qui sont ouverts à tous les habitants.

En harmonie avec toutes ces plantes, toutes ces fleurs, que peuvent faire les résidants ? Nous suggérons qu’ils s’en inspirent pour aménager leur propre jardin ou leur balcon. Au besoin, ils peuvent s’inspirer des espèces végétales choisies en collaboration avec le Parc naturel de la montagne de Reims ou avec la Ligue de protection des oiseaux. Une liste est disponible. Ils peuvent aussi apprendre à aimer encore plus la résidence où ils vivent, à regarder pousser les fleurs et les petits fruits, à expliquer à leurs enfants le monde merveilleux de la nature. Faut-il ajouter que tout cela ne sera rien si chacun ne s’applique pas à garder propre les jardins ?

2°) Les propriétaires.

Il est évident que de beaux espaces verts, soignés, entretenus, différents, cela contribue à donner de l’attrait et de la valeur à la Résidence dans laquelle ils ont investi. Certains parmi eux, amoureux de la nature, voudront peut-être donner un coup de main à leurs locataires pour embellir leurs jardins privatifs, pourquoi pas ?

3°) Les oiseaux, les insectes et les pollens.

Et oui ! On n’y pense pas tout de suite, à ceux-là ! Pourtant ils existent, et tout le monde aujourd’hui sait l’importance qu’il y a de les garder en vie, en bonne santé, pour le maintien du cadre de vie indispensable à l’espèce humaine. Les petits oiseaux qui vivent dans les villes ont de plus en plus de mal à trouver abri et nourriture, parce qu’il leur manque des graines et des insectes à manger, des endroits calmes pour vivre tranquilles.

Cela amène donc aux insectes. Ceux-là ont mauvaise presse, de façon très injuste la plupart du temps. Bien sûr il y a des pays où l’on trouve en quantité des moustiques ou des scorpions ! Avouons que ce n’est pas le cas de la Champagne (heureusement). Les pelouses tondues, toujours les mêmes arbustes, les mêmes fleurs, cela n’est pas une affaire pour eux et, par conséquent, pour les oiseaux. Le broyat de bois mis au pied des arbustes sera un véritable abri pour tout ce joli monde. Il y a beaucoup à apprendre pour les futurs entomologistes et l’on peut même acheter des nichoirs à insectes auprès des associations de défense de l’environnement.

Les pollens, c’est sûr, vous qui nous lisez, vous n’y pensiez pas du tout. Et pourtant, sachez que la circulation des pollens, nécessaires à la fécondation des fleurs, est de plus en plus difficile en espace urbain. Comme c’est le vent qui les transporte la plupart du temps, ou bien des insectes dits pollinisateurs, comme les papillons ou les abeilles, il y a trop d’obstacles : le vent a du mal à circuler entre tous ces murs, et les insectes ne trouvent pas les plantes pour se nourrir. Cercle vicieux !

Si donc vous décidez d’aménager votre jardin ou votre balcon, pensez donc aux plantes dites « mellifères », ce qui veut dire favorables aux insectes pollinisateurs.

Et puis, maître mot de tout ce projet désintéressé : biodiversité. Respectons ce qui fait la vie de nos paysages, de nos sous-bois, de nos forêts de Champagne. Privilégions les plantes régionales. Assemblons-les en de jolis bouquets. Cela n’empêche pas les exceptions, techniques comme la plantation des Arbres à papillons (pas du tout régionaux, mais champions du monde pour l’accueil des jolis papillons), ou sentimentales : vous avez bien le droit de planter la fleur qui vous rappelle votre enfance ou le commencement de vos amours. Oasis Nature, cela sonne un peu comme vacances, non ?